Argumentaire

Comme si elle avait anticipé les difficultés ultérieures, la thématique de recherche actuelle proposait une approche innovante : étudier de manière multidimensionnelle la santé mentale dans les campus universitaires. C'est ainsi que s'est tenu à Miami en octobre 2019 le Séminaire International : «La santé mentale sur les campus universitaires: problèmes actuels, situations et défis», organisé par la Florida International University FIU et l'Université Toulouse Capitole, avec la participation de chercheurs de l'Université de Toulouse Jean-Jaurès.

A cette occasion, le consortium d'universités, de professeurs, de chercheurs et de professionnels a été conçu avec pour objectif de discuter et mener des recherches conjointement sur une question aussi sensible et pas toujours abordée en profondeur comme c'est le cas de la santé mentale sur les campus universitaires. C’est ainsi que diverses problématiques telles que la discrimination, les exigences excessives et la souffrance psychique ont été identifiées.

Après le Séminaire de Miami, les équipes de recherche ont poursuivi la réflexion sur le sujet et imaginé d'importants travaux de terrain à mener simultanément dans les différentes unités académiques et ils ont consolidé la collaboration avec de nouvelles Universités et acteurs.

Le travail de terrain découle d'un projet de recherche présenté par Nicolás TILLI, approuvé et financée par le Centre National de la Recherche Scientifique de France (CNRS) via la Maison des Sciences de l'Homme et de la Société de Toulouse (USR 3414).

Par la suite, un Colloque International a été organisé avec l’ambition de se tenir « en présentiel » du 25 au 27 octobre 2020 à Toulouse sous le titre « La santé mentale sur les campus universitaires : le défi des discriminations ».

L'appel à communication mentionnait que « la prévention et la promotion de la santé mentale au sein de l'université sont des enjeux peu abordés en sciences humaines et sociales et en même temps, sont très importants dans l’actualité : elles ont fait l'objet de nombreuses communications de l'université, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et des pouvoirs publics européens et américains. En effet, l'impact que peut avoir la santé mentale sur les étudiants et le personnel universitaire (administratif ou enseignant) produit des conséquences sociales et économiques de plus en plus importantes et la situation interpelle les acteurs publics ».

Nous parlions du caractère anticipatif de ces réflexions et recherche, puisqu’un nouveau défi a frappé la vie universitaire tout au long de 2020 : la pandémie de la COVID-19 a érodé le quotidien, produit de l'incertitude, des maladies, voire des décès, et au moins un ostracisme forcé. Le colloque susmentionné (Toulouse 2020) incluait ces questions et s'est finalement déroulé en ligne avec un grand nombre de participants, des communications variées et publiées en ligne sur HAL . Parallèlement, dans le cadre du Colloque, des réunions virtuelles et des ateliers ont été organisés pour présenter quelques résultats de recherche et convenir d'un questionnaire à appliquer à la communauté universitaire de chaque territoire. Tout cela a été réalisé avec succès malgré les énormes difficultés dues à la situation actuelle.

Séminaire 2021

Compte tenu du travail et des collaborations déjà engagées et dans un contexte encore envahit par les conséquences de la pandémie, il nous semble important de continuer notre dynamique réflexive. C’est pour cela que le 3ème séminaire international sur la santé mentale sur les campus se déroulera au Centre de recherche en communication et intervention sociale « Antonio Gramsci » de la Faculté des sciences sociales de l'Université de Buenos Aires les 14 et 15 décembre 2021.

Nous continuerons avec la vision multidimensionnelle du sujet entre Sciences de l’information et de la communication, Droit et Psychologie, tout en soutenant l’idée selon laquelle fournir et promouvoir des domaines qui favorisent la santé mentale constitue un droit humain inaliénable. Ceci doit être pris en compte en particulier dans les espaces où les communautés éducatives évoluent quotidiennement. Nous désignons ainsi les groupes d'élèves, les enseignants, le personnel technique et administratif.

Il n'est pas exagéré d'affirmer à quel point toute cette communauté peut être profondément émue par la pandémie et ses conséquences. A cela s'ajoutent les particularités de chaque unité académique.

En Amérique latine, les universités avec un petit nombre d'étudiants et de bonnes infrastructures coexistent avec d'autres dont la massivité est étonnante. Il en résulte une grande dispersion des espaces éducatifs qui peuvent être éparpillés dans une ville et non limités à un campus. De même, certaines universités disposent d'infrastructures technologiques pour fonctionner à distance, tandis que d'autres manquent complètement d'alternatives au présentiel. D’une part, les quarantaines imposées par la pandémie ont obligé à assumer des changements brusques, des formations ad hoc, des transformations pédagogiques et des incertitudes de la part des différents acteurs sociaux impliqués. Une telle dynamique s'ajoute aux risques psychosociaux de longue date existant dans la vie universitaire, souvent banalisés.

Quelque chose qui a été observé, et qui a donné lieu à une partie du titre du Séminaire que nous projetons, c'est que, face aux difficultés, des réseaux horizontaux et un niveau élevé de SOLIDARITÉ entre pairs ont été déployés. Malgré le fait que les réformes universitaires -réalisées très tôt en Argentine en 1918-  ont représenté de fortes tentatives de démocratisation des institutions académiques publiques, les universités continuent d'avoir un trait de pouvoir verticale important. Il est donc intéressant de noter que la crise générée par la pandémie a généré d’inhabituelles solidarités entre les étudiants, les syndicats, les centres de recherche liés aux maladies virales, les hôpitaux universitaires. Bien qu'il ne soit pas possible de généraliser, cela a été un fait très important dans la vie universitaire en Argentine.

D'une autre part, les cours enseignés et reçus de manière virtuelle ont produit des niveaux élevés de fatigue et d'incertitude. Cela a également forcé de nombreux étudiants à affiner leur écoute et leur observation, et à accroître leur autonomie. Au moins dans les universités argentines, toute l'année 2020 a été consacrée à l'éducation virtuelle, ce qui, comme nous l'avons déjà noté, a obligé à faire des innovations soudainement et avec peu de ressources. Cela a donné lieu à des apprentissages très efficaces, mais qui ont marqué le quotidien psychosocial des subjectivités et des liens.

Avec ces antécédents entre la réflexion académique et les expériences de ce qui s'est passé, nous avons considéré d'une importance fondamentale la réalisation du Séminaire La santé mentale sur les campus universitaires en temps de pandémie : acteurs sociaux, historicités, solidarités.

Approche pluridisciplinaire.

Selon le Rapport du Conseil d'analyse stratégique sur la santé mentale, mais aussi selon le Plan d'action mondial pour la santé mentale 2013-2020 de l'OMS, cette question nécessite, de par sa genèse multifactorielle, multidimensionnelle et multisectorielle, une approche multidisciplinaire.

L'objectif de ce thème est d'établir une réflexion sur les stratégies de santé mentale qui peuvent être utiles pour sensibiliser, comprendre et faire avancer les politiques et actions visant la prévention, la communication, la promotion, l'information et la lutte contre les discriminations et la stigmatisation. Dans ce contexte, cette réalité complexe mérite une réflexion à différents niveaux organisationnels.

La relation triangulaire entre Sciences de l’information et de la communication, la Psychologie et le Droit permettra d'appréhender les problématiques complexes liées à : la prévention-promotion de la santé mentale, la lutte contre l'isolement, les politiques publiques de réduction des discriminations-stigmatisation (de la souffrance psychologique et de la personne qui la subit), l’inclusion sociale, le respect des droits et libertés, la prévention des risques psychosociaux dans la fonction publique universitaire, l’accès à l'enseignement supérieur et la réussite des études.

Cette approche pluridisciplinaire centrée sur les sciences humaines et sociales encourage une exploration académique inédite et le développement de programmes et de campagnes (à destination des étudiants et personnels universitaires) de formation, d'intervention, de prévention, de promotion et, parfois, de communication individuelle ou collective, intersectorielle ou non, afin de maintenir, restaurer ou renforcer la perception de la qualité de vie des étudiants et du personnel universitaire, en prenant notamment en compte le vecteur culturel et interculturel.

Objectifs

Développer les collaborations et les investigations sur le thème de la santé mentale sur les campus

Objectifs Généraux

  • Réfléchir sur l'importance des soins de santé mentale dans les communautés éducatives universitaires
  • Favoriser l'interaction d'équipes de recherche de différentes universités et cultures liées au sujet.
  • Favoriser la diffusion des résultats de la recherche et des réflexions auprès du grand public. 

 Objectifs spécifiques

  • Identifier les problèmes liés à la santé mentale qui ont le plus proliféré dans les communautés universitaires à la suite de la pandémie.
  • Analyser et évaluer les conséquences sociales et individuelles de ces problèmes et comment ils affectent la continuité des études et la réussite universitaire.
  • Apporter à la communauté universitaire des différentes unités académiques et au grand public, les résultats des recherches et des réflexions sur l'impact de la pandémie sur le travail et sur les subjectivités des étudiants, des professeurs, du personnel administratif et hiérarchique.

Les dernières actualités

Les partenaires du colloque rassemblés sur le campus de l’Université Paul Sabatier à Toulouse dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM).
4 minutes

Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale. Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) ont été créées en 1990 par l’Association française de psychiatrie (AFP). Cette manifestation se déroule chaque année en France. Elle a pour but de sensibiliser l’opinion publique et de dé-stigmatiser les personnes souffrant de difficultés psychiatriques. Chaque année, partout en […]

À défaut de présence physique, le colloque met en place un forum en ligne pour faciliter les échanges entre participants.
2 minutes

Lors d’un colloque classique, les participants peuvent directement questionner les intervenants, et les échanges sont également possibles en marge des présentations. Avec un colloque en ligne tel que le nôtre, les choses sont plus complexes. Le Comité d’Organisation souhaitait donc recréer un espace d’échange virtuel entre les communicants et les participants ainsi qu’entre participants. C’est […]

Une rentrée universitaire compliquée par la crise sanitaire liée à la COVID-19.
3 minutes

En ce début septembre l’heure de la rentrée universitaire a sonné déjà dans plusieurs pays dans le monde. En France, où les universités ont été fermées au plus fort de la pandémie, la rentrée universitaire va finalement s’échelonner sur les prochaines semaines avec une priorité au retour en présentiel, dans le cadre de la circulaire […]

Une minute

Par Natalia Abuin Vences, Professeure en Sciences de l’Information et de la Communication, Universidad Complutense de Madrid, Espagne. Dans ce travail, nous allons analyser comment la transition vers l’enseignement à distance en Espagne a été réalisée dans les études supérieures en communication, à la fois dans les établissements publics et privés, afin de savoir comment […]

Voir tous les articles