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Par Miguel Vicente Mariño, Université de Valladolid.

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Adresse Postale : Plaza de la Universidad, 1. 40005 Segovia (España)

Les conditions de travail en milieu universitaire sont un objet d’étude qui doit être pris en compte lors de l’évaluation de la santé mentale dans les institutions universitaires. La définition d’une carrière académique offrant une certitude à ceux qui choisissent cette voie de développement professionnel est nécessaire à la consolidation d’un système scientifique et technologique capable de répondre aux défis contemporains: si l’environnement dans lequel les groupes de recherche développent leur travail quotidien ne répond pas aux critères minimaux de la santé au travail, et si la compensation financière ne garantit pas une situation d’emploi stable, les chances d’obtenir des résultats utiles dans un environnement de plus en plus concurrentiel, comme la Global Academy, sont considérablement réduites.

Le système scientifique espagnol est construit sur des structures universitaires comme pilier principal, avec une prédominance des entités publiques sur les entités privées. Par conséquent, la production de connaissances scientifiques et l’innovation sont entre les mains d’équipes qui combinent ces tâches avec leurs rôles d’enseignement. L’investissement dans la science en Espagne est inférieur à la moyenne des pays européens dans son environnement le plus proche, fixant une amélioration budgétaire comme une promesse habituelle de la sphère politique, jusqu’à présent non tenue. L’analyse des conditions de travail dans les universités espagnoles est présentée ici comme une ressource intéressante pour identifier certaines des caractéristiques qui définissent la situation actuelle, ainsi qu’un agenda avec les défis qui détermineront l’avenir à court, moyen et long terme.

Cette communication exposera les caractéristiques de base de la carrière universitaire en Espagne, expliquant les différents itinéraires ouverts au personnel enseignant et de recherche, et identifiant leurs lacunes et leurs faiblesses à partir d’un prisme comparatif avec le reste des pays européens. La précarité dans les secteurs en croissance du personnel enseignant universitaire, couplée au vieillissement du personnel enseignant et de recherche exacerbé par le gel des offres d’emploi public dans les années qui ont suivi la crise financière mondiale de 2008, fait qu’une génération bien formée de jeunes chercheurs ne peut trouver de moyens pour leur développement professionnel et personnel dans les salles de classe ou les laboratoires espagnols.

L’analyse institutionnelle du cadre réglementaire et le travail avec les sources de données statistiques officielles nous permettront d’identifier les menaces et les faiblesses, toutes associées à des risques professionnels de nature psychosociale, et à un terrain socio-économique incontournable. La difficulté de l’Académie espagnole à attirer des talents étrangers et, dans une moindre mesure, à retenir les talents formés dans ses propres institutions, est une preuve valable de la nécessité d’améliorer les conditions de travail où les connaissances scientifiques sont produites et diffusées dans ce pays.